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Bruxelles freine la soif de données

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Posté le : 25 septembre 2020, 09:09

Temps de lecture: 3 minutes

L’économiste italo-américaine Mariana Mazzucato a développé un modèle qui fait du consommateur le seigneur et maître des données qu’il génère dans ou avec sa voiture. Il s’agit d’un modèle simple, que les parlementaires à Bruxelles veulent transposer en législation dans un avenir proche.

Mariana Mazzucato a déclaré dans une interview que le consommateur devrait être le propriétaire inconditionnel des données qu’il ou elle génère. Dans le cas de la voiture connectée, cela signifie que les informations de la voiture doivent aboutir dans un coffre-fort virtuel, dont seul le propriétaire de la voiture a la clé. Lui seul peut décider de vendre ou d’échanger les données générées pour certains services. Par analogie avec le modèle esquissé par Mariana Mazzucato, Karima Delli, présidente de la Commission des transports et du tourisme du Parlement européen, a proposé le 5 mars dernier de construire un écosystème européen pour la voiture connectée.

“Sur cette plateforme, les données doivent être accessibles à toutes les parties prenantes, avec le consentement du consommateur. L’innovation sera alors stimulée et une mobilité sûre et propre sera encouragée”, explique Karima Delli. Sa collègue danoise de l’UE Margrethe Vestager est sur la même ligne. À l’heure actuelle, il semble que ce sont surtout les constructeurs automobiles qui tentent d’obtenir un accès exclusif aux données relatives aux véhicules, avec des arguments tels que la responsabilité et la sécurité. Des arguments qui peuvent également être utilisés à mauvais escient pour sauvegarder des intérêts commerciaux. Cette exclusivité n’est pas souhaitable, estime Karima Delli, car toute la chaîne doit avoir la possibilité de développer de nouveaux services et donc de nouveaux modèles de revenus basés sur les données des véhicules.

Concurrence loyale 

Karima Delli est également réaliste: “En ce qui concerne la technologie, nous ne pouvons pas nous passer des constructeurs automobiles.” Comment faire en sorte que le fabricant devienne un partenaire stratégique alors que le consommateur reste le régisseur? En 2018, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de légiférer rapidement sur l’accès des tiers aux données des véhicules, tant statiques que dynamiques. Cette législation remet explicitement en question l’utilisation ou la propriété exclusive des données relatives aux véhicules par les constructeurs. Jusqu’à présent, son élaboration n’a guère progressé. Karima Delli demande à la Commission européenne d’inclure le libre accès aux données relatives aux véhicules dans le cadre de la révision de la législation sur l’homologation des véhicules prévue en 2021. “Cette législation aura un cadre clair et garantira des conditions de concurrence équitables, stables, transparentes et compétitives pour tous les prestataires de services dans le secteur de la mobilité”, précise Karima Delli.

Karima Delli invite toutes les parties prenantes à travailler à un objectif commun: faire de ces projets une réalité afin que, grâce à cet écosystème, l’Europe puisse être plus rapide que les grandes plateformes numériques telles que Google, Apple, Facebook et Amazon, et construire un véritable écosystème de données européen qui renforcera la compétitivité des entreprises européennes, y compris des constructeurs automobiles. Il faut faire attention à ces grandes entreprises technologiques, qui sont passées maîtres dans l’art de récolter des données. Leur activité principale consiste à vendre des profils de clients obtenus par l’analyse et l’enrichissement des données. Leurs robots virtuels sont prêts à recevoir les données 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. 

Dataïsme 

Avec l’accès inconditionnel à toutes les données des véhicules, Karima Delli souhaite renforcer la puissance d’innovation de l’Europe. Cela pousse certains acteurs à faire preuve d’une énorme soif de données, alors qu’il y a aussi des parties pour lesquelles les données des véhicules devraient tout au plus satisfaire leur appétit. La ‘récolte de données’ est une chose que nous en sommes venus à considérer comme tout à fait normale. Alors que les organisations de consommateurs et les responsables politiques insistent de plus en plus sur la nécessité d’une répartition différente des bénéfices, les consommateurs modernes voient peu de dangers dans leur comportement de navigation. Ils visitent Alibaba, Amazon, Bol.com, Booking.com et de nombreux autres sites, qui recueillent tous le plus de données possibles auprès des consommateurs à la recherche d’informations et d’avantages.

Les données ne sont pas seulement le nouveau lubrifiant de l’économie Internet, elles semblent s’être transformées en un mode de vie, une croyance, le ‘dataïsme’, comme l’appelle la Néerlandaise Miriam Rash. Les entreprises technologiques alimentent leurs algorithmes avec ces données, ce qui entraîne la création de nouveaux modèles commerciaux. La voiture – ou plutôt le constructeur automobile – collecte également ces données. La plupart des consommateurs n’y voient pas d’objections, même s’ils savent que leur vie privée peut en être affectée. Certains peuvent être naïfs et ne pas être conscients des données qu’ils émettent. D’autres savent très bien ce qu’il se passe, y voyant ou en attendant des avantages. 

Clé numérique? 

Mehdi Hocine, chef ad interim de la direction générale GROW et responsable du département Automotive Business, est un collègue de Karima Delli. Il plaide également en faveur d’un écosystème accessible à tous où les données sur les véhicules sont disponibles sans censure. Il veut une solution concrète d’ici la fin de l’année 2020. Il y a encore beaucoup de travail (de lobbying) à faire dans les prochains mois à Bruxelles pour s’assurer que les données sur les véhicules soient effectivement largement accessibles et peut-être même de la manière proposée par Mariana Mazzucato, avec la clé numérique dans les mains du consommateur et de personne d’autre.

Les VE exigent beaucoup des…La batterie passe la vitesse…
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