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Congrès Clepa : ces données, c’est pour bientôt ?

DOMAIN: Voiture connectée

Posté le : 9 juillet 2019, 09:00

Temps de lecture: 6 minutes

Plus que jamais, la conférence de Clepa à laquelle ont assisté plus de trois cents invités était placée sous le signe de l’accès gratuit aux données véhicule. Un dossier qui, entretemps, traine déjà depuis pas mal de temps. Mais quand donc y arriverons-nous ?

“Est-ce que nous allons véritablement avoir accès à des données téléchargeables en fin de compte ?”

 

Lors de la présentation d’Efrén Sanchez-Galindo, l’irritation était presque palpable dans la salle. En tant que membre de la Commission européenne, celui-ci contribue à définir la politique en matière de libre accès à l’information relative aux réparations et entretiens (RMI). Il a présenté le règlement UE n° 2018/858 qui prévoit un contrôle renforcé sur la RMI dans le cadre de la certification par type. Du point de vue du canal indépendant des marques, il existe encore et toujours un gouffre entre les dispositions écrites et la pratique sur le terrain, et ce malgré toutes les réglementations complémentaires de Bruxelles.

“Est-ce que nous allons véritablement avoir accès à des données téléchargeables en fin de compte ?”, a demandé Frank Schlehuber, dirigeant de Clepa, au nom des fabricants du marché secondaire présents. Selon M. Sanchez-Galindo, ce sujet est ancré dans la législation après des années de concertation. “Toutefois, il subsistera toujours des différences d’interprétation dans la pratique.” Ceci dit, il a reconnu qu’un accès véritablement libre reste “un peu controversé” et qu’“on pourrait un peu mieux faire en termes de définitions.” Aussi a-t-il plaidé la patience et la confiance qu’à terme, tout se terminera bien, comme ce fut le cas avec l’eCall.

Pour Hartmut Röhl, président de Figiefa, tout cela n’est que trop euphémistique et administratif. Il a demandé la parole : “Existe-t-il, dans le cas des données RMI, outre un produit non conforme également un comportement non conforme ? Et prévoit-on des sanctions dans ce cas aussi ?” Ceci lui a valu des applaudissements satisfaits de ses pairs, mais M. Sanchez-Galindo est resté imperturbable. Il a attiré l’attention des détracteurs sur la date du 10 avril, jour où une audition publique se tenait à Bruxelles sur les questions de la connectivité et des données RMI. “Votre apport nous aide à donner forme à la manière d’aborder cette matière à l’avenir.”

Personnel 2.0
Selon John Quinn, CEO de LKQ Europa, “les choses évoluent à ce point rapidement qu’aujourd’hui, une personne qui termine ses études est probablement mieux informée que quelqu’un qui travaille déjà depuis trois ans.” Lors du congrès Clepa, il a participé à un panel de discussion consacré à la problématique du personnel. Comment tirer le meilleur de votre personnel ? Comment faire en sorte que quelqu’un souhaite travailler pour vous ? Gael Escribe, CEO de Nexus Automotive International, a plaidé pour une ‘direction à distance’. “Il faut oser donner de l’air à la nouvelle génération numérique. Par ailleurs, j’affirme que l’âge n’est pas la panacée. Notre digital officer avait 47 ans lorsqu’il est entré en service chez nous. L’important, ce sont les compétences et la détermination à s’adapter au changement.”
Le panel a accouché de suggestions intéressantes pour fidéliser des collaborateurs de valeur. Ne pas procéder à l’entretien d’évaluation des performances de façon classique entre quatre yeux assis à un bureau mais bien en voiture, sur la route, en utilisant une caméra GoPro installée sur le tableau de bord et des haut-parleurs. Dresser quatre à cinq fois par an un petit questionnaire au lieu d’un long tous les douze mois. M. Quinn a insisté sur le fait que, dans le cadre du processus d’embauche, l’important n’est pas de rencontrer le directeur – trop distant – mais bien les collègues directs potentiels. Faire le bon choix peut considérablement booster l’entreprise. “Dans cette ère numérique où tout va vite, les personnes que vous essayez d’embaucher peuvent contribuer non plus pour dix pour cent à votre chiffre d’affaires, comme c’était le cas auparavant mais – façon de parler – pour mille pour cent.”

Modèles

À l’occasion de la dixième conférence de Clepa, dont c’était l’anniversaire (1959-2019), la numérisation, l’électrification, la connectivité et les nouveaux modèles d’activité associés se sont retrouvés sous les feux de la rampe. ‘Gagner de l’argent avec des données véhicules’, tel était l’intitulé de l’exposé d’Andreas Form, partenaire du bureau de consultants A.T. Kearny. Sous l’influence des nouvelles techniques et des nouveaux prestataires de services, de l’évolution des besoins des clients et de la réglementation, la valeur ajoutée dans le secteur de la mobilité est en train de se déplacer du hardware au software à un rythme élevé, a-t-il déclaré au public présent. Les voitures autonomes peuvent générer jusqu’à 4.000 gigaoctets de données par véhicule et par jour : en 2025, le nombre de règles de codage aura doublé par rapport à maintenant ; en 2050, deux cents milliards d’appareils seront connectés via un réseau (2015 : quinze milliards).

Les modèles économiques à construire sur cette profusion de données connectées seront nombreux. Les assureurs peuvent par exemple surveiller le comportement au volant et adapter leur police. Il est possible d’activer les sources de divertissement à distance. Alors que le véhicule se déplace, les fournisseurs de carburant peuvent attirer l’attention sur leurs prix (au litre) concurrentiels et proposer un arrêt pour faire le plein. L’autonomie d’une voiture électrique peut être augmentée d’une simple pression sur un bouton parce que le jeu de batteries est déjà installé dans son intégralité lors du premier assemblage. Tesla propose son Autopilot au prix de 5.000 euros à l’achat du véhicule ou de 6.000 euros en seconde monte. Le hardware est monté d’usine et doit simplement être activé ultérieurement via une mise à jour ‘à la Windows’. Et pourquoi pas des sièges dont la fonction massage peut être activée en ligne contre paiement ? Vous avez besoin d’une assistance ADAS supplémentaire ? Cela aussi peut être réglé par après, sans avoir à passer par une entreprise automobile.

Préparatifs

Les OEM de ce monde se préparent activement à la numérisation de la mobilité, a déclaré M. Form face à son auditoire. Par ce biais, ils accroissent leur influence sur le marché secondaire. Et à l’heure où de moins en moins de particuliers souhaitent posséder une voiture, la fonction de régisseur des gestionnaires de flotte croît. Ils représentent une force à ne pas sous-estimer, par exemple dans le domaine de l’approvisionnement en pièces détachées. Raison pour laquelle des sous-traitants organisés doivent passer à l’action au sein de Clepa afin de ne pas rater le coche. Par exemple en concluant des alliances stratégiques et en proposant eux-mêmes des services sur la base de données.

Selon le bureau de consultants A.T. Kearney les géants de l’e-commerce comme Alibaba et Amazon ne sont pas principalement à l’affût de la vente d’une paire d’essuie-glace mais bien de ce qui sous-tend celle-ci en termes de données. C’est beaucoup plus intéressant financièrement. “Tant que le client perçoit une valeur ajoutée dans un produit, il consentira à l’utilisation de ses données.” Dans l’ensemble, la météo s’annonce ‘houleuse’ pour le marché secondaire. Aussi la prochaine conférence Clepa promet-elle d’être à nouveau intéressante. Pour ceux qui aiment s’organiser : l’édition 2020 se tiendra les 25 et 26 mars.

Réparations 2.0
En dehors de la salle où se tenait le congrès, les visiteurs pouvaient jeter un coup d’œil à l’atelier de demain sur les stands de Schaeffler, de Continental et de la plateforme de données Caruso. Ils ont pu y voir comment la télématique et d’autres technologies numériques vont engendrer des processus de logistique et de réparation optimaux, avec à la clé des clients satisfaits.
Avec sa Remote Vehicle Data Platform, Continental propose une solution pour deuxième monte permettant de surveiller en permanence à distance l’état technique de voitures particulières et de véhicules utilitaires légers. Des codes de dysfonctionnement et des renseignements quant à une panne potentielle à court terme sont envoyés directement à l’entreprise automobile. L’entreprise Caruso, encore toute jeune (deux ans), a présenté sa bourse (aux données) virtuelle au sein de laquelle 64 acteurs de la mobilité peuvent déjà utiliser facilement et de façon standardisée les données véhicule en leur possession. Caruso propose également un enrichissement par le biais d’un complément d’information, par exemple sur les réparations et les entretiens. Chez Schaeffler, les congressistes ont pu faire connaissance avec le portail Web Repxpert qui fournit un support aux ateliers via un outil interactif dans le cas d’interventions complexes. Un code de dysfonctionnement envoyé par la voiture connectée donne accès à des instructions de réparation et à la pièce nécessaire à cet effet. Pendant qu’il travaille, le technicien automobile est guidé tout au long du processus par le biais de la réalité mixte.

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